25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 10:43

Robert Vertenueil, qui sera très probablement bientôt élu membre du Secrétariat Fédéral de la FGTB, était invité de l’émission RTBF A votre avis le 5 février dernier. A cette occasion, il répondait aux questions qui lui étaient posées par 4 journalistes, le dessinateur Pierre Kroll et un représentant étudiant.

Il commence par défendre les actions de la FGTB, menées dans un contexte politique difficile. Regrettant qu’elles aient été mal comprises, puisque 90% de l’activité syndicale consistent en négociations. Cependant, la discussion a été rompue par ce Gouvernement, ce qui entraine une réaction. On peut évidement discuter de la manière dont celle-ci s’exprime, mais l’important est de résister face à un Gouvernement pratiquant la régression sociale.

Il reconnaît toutefois qu’il existe un besoin de transformer les manifestations telles qu’elles se déroulent actuellement et de moderniser l’image syndicale, qui est parfois perçue comme ringarde par la population.

 

Ensuite interrogé sur ses rapports avec le PS, il ne cache pas en être un allié objectif, mais ne fait toutefois pas confiance à toutes les personnes qui le représentent. Si pour le lui le PS a permis un certain progrès social, certaines personnes lui donnent actuellement une image désastreuse. Selon lui, un socialiste ne doit, par exemple, pas exercer la fonction de bourgmestre tout en étant homme d’affaires, comme le fait Stéphane Moreau. Il estime également qu’Elio di Rupo doit faire partir ces gens.

 

Ses rapports avec le PS étant connus de tous, il précise que le seul mandat qu’il ait exercé pour ce parti était celui de conseiller communal. Mais à l’heure actuelle, il est tout sauf à la solde du PS et entend porter le projet de la FGTB, auquel peuvent bien entendu se rallier les partis politiques qui le désirent, en ce compris le MR.

 

Vient ensuite l’épineuse question du service minimum en cas de grève, pour lequel Robert Vertenueil prône pour trouver un juste milieu : le droit de grève doit être respecté, mais dans le même temps, les travailleurs pensent déjà à un service minimum puisque, en cas de grève, ils veillent déjà au maintien de leur outil de travail. Une véritable négociation semble donc nécessaire pour définir un cadre à ce service minimum.

 

Pour ce qui est des possibles deux réalités sociales différentes au Nord et au Sud du pays, Robert Vertenueil répond par la négative. Ce sont les mêmes réalités relatives au dumping social et à la sécurité. Un mouvement existe aussi en Flandre et il y a une collaboration.

 

Faut-il doter les syndicats d’une personnalité juridique ? Il faut constater qu’elle existe déjà, puisque la FGTB est un employeur et possède des biens, répond Robert Vertenueil. La demande, émanant de la NVA, a en réalité pour but essentiel de pouvoir poursuivre les syndicats pour des délits commis par des individus…

 

Le représentant étudiant l’interpelle sur les grèves du TEC à Liège, qui sont très mal acceptées par certains étudiants. Mais, répond Robert Vertenueil, s’il n’y avait plus de grèves dans ce secteur, ne risquerait-on pas la suppression pure et simple de celui-ci ? Le problème est le même pour les chemins de fer et les gares.

 

Inquiet pour son avenir (boulot, chômage,… rien ne semble plus garanti désormais), l’étudiant qui, comme le souligne Pierre Kroll, semble appartenir à la fraction dure de la FGTB, est favorable à une poursuite des actions et ne comprend pas pourquoi les syndicats ont stoppé la dynamique en 2014. Ne se sont-ils pas tromper en s’assayant à la table des négociations avec le Gouvernement ?

 

Robert Vertenueil se déclare satisfait de rencontrer un jeune qui ne qualifie pas l’action syndicale de ringarde, mais rappelle que la décision de faire une action émane d’un processus démocratique au sein de la FGTB, auquel s’ajoute la question du front commun. Il s’agit donc d’une équation compliquée, il faut combiner la demande de réaction contre la politique gouvernementale avec les reproches de gêne occasionnée par les grèves et manifestations…

Futur successeur de Marc Goblet, qui est vraiment Robert Vertenueil ?

Comment Robert Vertenueil se situe-t-il en comparaison de ces prédécesseurs ? Comparé à Jean-François Tamellini, qui a assuré l’intérim pendant la convalescence de Marc Goblet, qui est souvent perçu comme cinglant, et même saignant, Robert Vertenueil se définit comme plus doux, mais tout aussi pointu ; nous avons affaire à un gouvernement rétrograde et menteur, déclare-t-il.

 

Et vis-à-vis de Marc Goblet ? Il tient d’abord à lui rendre hommage. Marc Goblet cherchait le compromis, c’était également un porte-parole de la base, mais il se heurtait au refus du gouvernement et des employeurs de négocier. Ila beaucoup apporter et son expérience, ainsi que sa connaissance des dossiers, manqueront, même s’il restera un syndicaliste. Tout comme lui, Robert Vertenueil apparaît serein et déterminé. Il s’en différencie cependant sur la question de la rénovation de l’image du syndicat et des nouveaux modes d’action.

(Pour la comparaison des points de vue, je vous renvoie vers un précédent article consacré à l’émission l’Invité d’RTL-TVI du 02.04.17 qui recevait Marc Gobelet)

 

Enfin, quel avis porte Robert Vertenueil sur certains leaders politiques ? Marie-Hélène Ska ? Professionnelle. Bart de Wever est un danger et Charles Michel est associé au mensonge. En ce qui concerne Raoul Edebouw ? Un révolté.

 

Après avoir entendu tout cela, Robert Vertenueil semble donc se situer dans l’héritage laissé par Marc Gobelet, même s’il veut manifestement moderniser la FGTB. Ses positions anti-libérales sont manifestes, sa volonté de renouer avec le front commun aussi, de même que son absence de préjugé sur le PTB. L’avenir de la FGTB avec Robert Vertenueil à sa tête s’avérera sans doute intéressant.

 

Bernadette Lacasse

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