La crise bancaire de 2008 et 2009 a eu au moins une vertu : faire prendre conscience aux gens qu’il y avait moyen de prendre leur destin en main et ne pas abandonner leurs économies ballotter au gré des placements hasardeux.

Un peu partout dans le monde, émergent des initiatives de création de monnaies locales.

Une façon pour les citoyens de se réapproprier le pouvoir sur l’argent, créer une économie correspondant à ses propres choix de développement et favoriser l’économie locale.

Environ 4 000 monnaies locales essaiment ainsi de par le monde.

En Belgique aussi, des créations de monnaies locales parallèles à l’euro sont en cours à Liège, Mons et Saint-Trond.

Chez nous en Luxembourg, c’est en Gaume, à Meix-devant-Virton, au départ d’un groupe appelé « Financité Lorraine », qu’un projet similaire est le plus avancé.

Bruno Carton en est un des responsables. « Cela fait un an, à Meix, que notre groupe d’une quinzaine de personnes se retrouve régulièrement pour réfléchir à l’autonomie économique de notre région, ainsi qu’aux moyens de la promouvoir, dit Bruno Carton. Nous sommes un groupe de fait, « Financité Lorraine », faisant partie du réseau « Financement alternatif » qui réunit des citoyens et des organisations cherchant à développer plus de solidarité et de responsabilités dans les rapports à l’argent.

Ce qui nous cause problème, c’est que la création de l’argent, prévue au départ dans la constitution comme service public, est devenue complètement livrée aux intérêts privés qui gouvernent le système bancaire. »

Voilà comment Bruno Carton et ses amis, Françoise Urbain, Jacques Liesenborghs, Roland Antoine, Patrick Besure et d’autres ont décidé de lancer, en Gaume, une nouvelle monnaie locale. Celle-ci s’appelle L’EPI, en référence à l’EPIcentre de Meix et l’EPIcerise de Chiny, deux épiceries locales récemment créées pour relancer le commerce de proximité.

En phase d’essai

L’EPI n’en est encore qu’à la phase d’expérience pilote ; 30 consommateurs, 5 producteurs et 3 fermes le testent.

Mais à terme, au printemps 2012 sûrement, un réseau complet de producteurs, commerçants et adhérents des épis devrait fonctionner non seulement à travers tout le Sud-Luxembourg, mais aussi les régions transfrontalières de Montmédy et Longwy (F).

Le principe sera de dépenser ses épis – de 1 à 20 € – dans des commerces de proximité ou bien chez les producteurs fermiers. Outre l’alimentation, les concepteurs de l’épi voudraient aussi que leur monnaie puisse être écoulée dans certains restaurants, des libraires et des bibliothèques. Bien plus qu’un « épi-phénomène » !

 

Source: Lavenir.net
Dominique ZACHARY