10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 10:00

Article RTBF.be

L'économiste "alternatif" Christian Arnsperger revient, au micro de Matin Première, sur l'année économique. Avec une vision à rebrousse-poil des discours classiques, l'enseignant à l'UCL trace ce que pourrait être, selon lui, la piste d'une véritable sortie de crise.

"Une année d’immobilisme avec beaucoup d’agitations", c’est ainsi que Christian Arnsperger voit l’année 2010. Il déplore qu’elle n’ait pas permis de tester de réelles alternatives sur le plan socio-économique.
"Je reconnais que les acteurs économiques fortement impliqués dans la crise économique et financière ont fait leur boulot ; c'est-à-dire qu’ils ont passé beaucoup de temps ces deux dernières années à colmater le système, le re-réglementer, le tenir sur la route… ", ironise-t-il.  Mais les réflexions alternatives et à long terme sur la finance et l’économie ont pris du retard, dit-il. "Le temps que nous passons à nous retourner lorsque le système dysfonctionne, il est perdu pour penser à l’avenir de manière plus radicale".
Christian Arnsperger convient qu’il était nécessaire et bienvenu de prendre des mesures pour limiter les risques futurs et pour venir en aide aux pays fragilisés, mais l’énergie qui doit être dépensée pour renflouer le système est telle, dit-il, que cela  retarde les réflexions sur les alternatives. Christian Arnsperger ne voit pas le système s’effondrer d’un seul coup : "Il y aura des crises à répétition", prévient-il. "On nous annonce dans les années à venir une crise majeure du dollar, alors là ce sera autre chose encore ; la crise de la dette publique n’est pas prête d’être terminée…"

Repenser l'ancrage local
"Le système est très flexible, mais la logique de fond n’a pas changé", déplore l’économiste, qui s’emploie ensuite à dénoncer l’austérité annoncée : "Les Etats et les travailleurs sont régulièrement mis à tribut par le système pour essayer de renflouer ce que, en gros, le secteur privé n’a pas réussi à faire".
"Quand on nous dit ‘l’économie repart mais attention aux problèmes de dette publique et de chômage ‘, qu’est-ce que ça veut dire alors ? Elle repart pour qui ?", s'interroge l'économiste.
Face à la crise de la dette souveraine, Christian Arnsperger propose une réflexion : "Repenser l’ancrage local de l’investissement public, c’est quelque-chose qui me semble intéressant", dit-il, prenant l’exemple du Japon, affecté d’une dette publique de près de 200% du PIB mais qui est en très grande partie dans les mains des citoyens japonais ; alors que la dette grecque se trouve, elle, aux deux tiers dans les mains d’investisseurs étrangers. Sans faire l'apologie des déficits publics, il constate toutefois que cette situation permet au Japon d'amortir l'impact du service de la dette pour la collectivité.
L’idée d’un retour à certaines formes de protectionnisme fait pousser des hauts cris à nombre d’économistes. Christian Arnsperger insiste lui sur la notion de "protection" que le terme recouvre. Contre le repli sur soi, il évoque plutôt une certaine forme de "déconnection", appelant à relocaliser les activités économiques et celles de la finance, l’idée étant d’impliquer les acteurs économiques dans la société et les territoires dans lesquels ils évoluent, plutôt que de les laisser être des acteurs flottants. "Une finance complètement planétaire avec des pays qui eux sont gouvernés au niveau local et qui ont besoin d’être gouvernés au niveau local, c’est une contradiction qu’il va bien falloir prendre à bras le corps", conclut-il.

 

T.N.

 

Ecoutez l'intégralité de l'interview de Christian Arnsperger par Bertrand Henne: sur RTBF.be

 

Crédit photo : EPA - Les principales économies de la planète s'étaient réunies lors d'un G20 à Séoul cette année. Pour quel résultat, s'interroge Christian Arnsperger.

Accueil des Travailleurs Sans Emploi sur le trajet Marche-Bruxelles / Christian Arnsperger

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