2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:18

On est resté songeur ce week-end en apprenant que la France, l’Etat français, avait tenté à deux reprises la semaine dernière de renvoyer par avion un Sénégalais dont les papiers lui paraissaient douteux vers Tripoli où il avait fait escale avant de rejoindre Paris.

On lisait cela avec dans une oreille la voix de Daniel Fontaine au point de passage de Ras Jedir, entre Libye et Tunisie. Et dans l’autre celle de Michèle Alliot-Marie dont le dernier fait d’armes avant démission fut précisément d’organiser le rapatriement des Français de Libye. Songeur, je vous dis qu’on était.

Ce fut d’ailleurs un week-end qui nous laissa pensif et perplexe. De temps en temps, c’est comme ça : des informations que l’on dira mineures, qui n’ont aucune chance d’arriver à la Une des journaux et qui n’ont même pas de lien ou de relation entre elles se coalisent pour tirer ce qu’il nous reste d’oreille et nous amener à lever la tête pour regarder là haut, là où planent les vautours.

Tenez, en voici une autre : elle a un quelconque rapport avec l’information précédente, si on veut, c’est toujours ces histoires de migrations ou d’asile, mais cette fois il s’agit de finance.

J’avais en d’autres temps expliqué ici même que l’argent renvoyé au pays et à la famille par les migrants de par le monde représentait rien moins que trois fois l’aide internationale au développement.

J’avais aussi attiré votre attention sur le fait que le secteur bancaire invitait chacun à se pencher sur cette fortune cachée dont disposent les pauvres, au motif qu’il existe sur terre plus de pauvres que de riches et qu’une manne, même percée, peut parfois être céleste.

Or donc, pour 2010, la Banque mondiale communique que ce sont plus de 325 milliards de dollars qui ont ainsi transité vers le sud, au gré de petits versements effectués le plus souvent dans des agences spécialisées. Une autre étude, américaine, indique toutefois qu’ils seraient bien plus importants encore, ces transferts qui représentent, par exemple, 50% des revenus des Sénégalais, pour reparler d’eux, s’ils n’étaient grevés de frais exorbitants par ces guichets que, par ailleurs, nous retrouvons dans ce service public que fut auparavant la Poste. 

Au total, ces commissions amputent de 10 à 15 milliards de dollars par an cet argent qui est un vrai moteur de développement. On se dit : voilà des types qui ont inventé la taxe Tobin à l’envers et vous savez quoi ? Ça marche. Je vous le disais, ça laisse songeur.

Et, pour terminer :  l’histoire de ce père de famille français qui, quelques jours après avoir perdu son gamin de 10 ans au terme d’une très longue maladie, se voit menacé de licenciement par son entreprise au motif que depuis l’hospitalisation de l’enfant, sa motivation au travail avait baissé. Vous me direz, ça n’a rien à voir. Et moi, je vous réponds : si, si. Parce que : trois histoires, trois histoires de gens fragiles, de pauvres gens. Et qu’on confond toujours la guerre contre la pauvreté avec la guerre contre les pauvres. Sans doute parce que celle-là, on a bien plus de chances de la gagner. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

Paul Hermant

 

Article: RTBF.be

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