Huit organisations syndicales (LCGB, OGBL, pour le Luxembourg ; CFDT et CGT pour la France ; FGTB et CSC pour Namur et le Luxembourg), agissant en front commun sont fières : elles annoncent plus de 500 participants au « premier rassemblement intersyndical transfrontalier », comme l’appelait Patrice Magnette, le représentant français de la CGT, du haut du podium mobile dressé au milieu des travailleurs en plein cœur du PED (Pôle Européen de Développement) sur le coup de 13 heures. Elles en attendaient entre 350 et 400 !

Débarqués de Verviers (une cinquantaine), de France (une soixantaine), de Namur (200) et du sud-Luxembourg, les manifestants, le matin, ont mené à proximité du point triple du PED, de l’hypermarché Auchan et des zones commerciales voisines, une action de sensibilisation et de mobilisation « pour une Europe sociale, positive et d’investissements a contrario d’une Europe d’austérités et de régressions » en distribuant des tracts.

Un triple Z

Ensuite, Joël Thiry, le secrétaire régional de la FGTB Luxembourg a dénoncé toutes les mesures qui frappent les travailleurs, exemples à l’appui. Il dit non aussi à une politique d’austérité « qui mène à la récession, comme en Grèce. » Et puis des images chocs : « Faudra-t-il bientôt choisir entre se soigner et rafistoler sa vieille voiture ? » Il dit non encore à « la politique des élites néolibérales qui visent à mettre fin à nos modèles sociaux. » Pour lui, ce rassemblement doit « redonner de l’espérance à un projet collectif ».

Denis Hassler, pour la CFDT (France) a dénoncé « la spirale infernale de rigueur, imposée depuis deux ans en France ». Il attribue aux dirigeants français une notation triple Z et, parce que trop de citoyens doutent de l’Europe, de la monnaie unique, il souhaite, pour répondre à la politique de division actuelle de l’Europe, se rassembler, de lutter ensemble.

Bruno Antoine, le secrétaire fédéral de la CSC Luxembourg, s’est montré le plus positif : il a choisi de défendre l’endroit symbolique sur lequel l’action était menée. Après la fermeture de l’usine d’Athus, l’Europe a décidé de créer cet espace baptisé PED. On y a assaini la friche et créé 8 000 emplois. Même si aujourd’hui, il n’en reste que 6 000, « l’Europe peut se montrer positive ». Autre symbole auquel ont voulu s’attaquer les organisations syndicales : le BEI, « c’est un outil européen positif qui aide aux investissements. Mais il faut que les entreprises investissent et l’Europe sera alors une Europe positive en les aidant ». En fin de journée, au Kirchberg, le président Werner Hoyer a consenti à recevoir les manifestants et délégués.

Ce 29 février n’a pas été choisi au hasard pour une mobilisation lancée à l’appel de la confédération européenne des Syndicats, « c’est la veille d’un sommet européen qui vise à ratifier deux traités instituant la volonté, l’institutionnalisation de l’austérité. Des mesures injustes, totalement antidémocratiques », disait encore Bruno Antoine.

 

Jean-Paul DAUVENT

 

Article: lavenir.net