14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 09:31

Des ALE ont mis de l’argent de côté pour garder des travailleurs Titres Services après les Activa, Win-Win,... ou pour d’autres raisons prudencielles. Les ponctions de Milquet mettent en danger ces emplois.

Intervention de la députée Zoé Genot lors de la discussion générale du Projet de Loi-Programme (doc 1481/1-9)

17.19 Zoé Genot (Ecolo-Groen !) : Monsieur le président, madame la ministre, je souhaiterais revenir sur ces réserves des ALE. On peut s’étonner du fait que des organismes publics ont des réserves et se dire qu’il y a suffisamment à faire en matière d’emploi que pour laisser de l’argent dormir sur les comptes.

La difficulté est que, depuis des mois, on dit qu’on va leur prendre leurs réserves. Soyons clairs ! Ces réserves ont quasiment disparu et, malheureusement, pas toujours de la même manière. En effet, madame Milquet, plusieurs ALE ont de ce fait hâtivement lancé une série de projets pas toujours très bien ficelés. Il serait beaucoup plus adéquat de dire que les ALE sont des outils utiles qui n’ont pas toujours été utilisés suffisamment. Elles peuvent être actives dans de nombreux domaines où les besoins sont criants, tels que le service aux personnes (encadrement d’enfants, services de proximité indispensables, etc.) ou au niveau des autorités locales qui peuvent, elles aussi, les utiliser pour remplir toute une série de tâches dont on a grand besoin, de manière à créer de véritables tremplins à l’emploi.

Nous sommes partisans de redynamiser les ALE qui ont un peu dormi sur leur magot. Est-il légitime que l’État fédéral ponctionne les ALE ? À notre sens, non ! En effet, ces ALE n’ont pas seulement été alimentées par le fédéral. Ma commune, par exemple met un local à disposition pour un loyer particulièrement léger. Ce n’est pas pour que, par la suite, le fédéral ponctionne cet argent. Les communes sont déjà aujourd’hui régulièrement chargées de tâches par le fédéral sans recevoir les financements adéquats. À nouveau, il est demandé aux communes de soutenir le fédéral. À notre sens, ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder.

Vous dites que vous pouvez ponctionner car un arrêt constitutionnel vous a donné raison. L’arrêt vous permet en effet de le faire mais il dit aussi que, pour chaque ALE ponctionnée, vous devrez démontrer individuellement qu’elle n’a pas correctement utilisé les subsides. Si des ALE n’ont effectivement pas correctement utilisé les subsides, il fallait très vite mettre le holà ! Cela signifie que, pendant des années, des ALE ont mal utilisé les subsides. Il y a là un problème ! Madame la ministre, je ne lis pas l’arrêt de la même manière que vous et je pense en outre que, si vous le suivez, cela engendrera un travail particulièrement conséquent.

De plus, il me semble quelque peu bizarre d’entendre les partis s’énerver en demandant une meilleure coordination avec les missions locales et régionales en vue d’utiliser cet argent plus intelligemment, alors que les mêmes vont soutenir cette ponction.

En outre, plusieurs ALE ont développé un département titres-services. Vous savez que nous ne sommes pas des adeptes de ce système. Néanmoins, quand les titres-services sont bien gérés et qu’on ne licencie pas les gens en fin de période Win Win Activa et autres, ces personnes coûtent de plus en plus cher, notamment en raison de leur ancienneté. C’est pourquoi les ALE plus avisées ont thésaurisé afin de continuer à employer ces travailleurs après les différents plans. Si l’on malmène ce dispositif, cela revient à encourager les mauvaises agences de titres-services qui licencient régulièrement des individus pour en engager d’autres qui sont peu coûteux. C’est absolument contraire aux objectifs d’insertion que vous avez toujours défendus en ce domaine.

Nous devons donc nous montrer prudents vis-à-vis de cette mesure. Ponctionner au motif de prendre des initiatives en faveur de l’emploi, cela ne convient pas. Nous avons déposé des amendements au cours des discussions budgétaires. Dans certains secteurs, il serait possible de ponctionner pour réinvestir en termes d’emplois.

17.20 Joëlle Milquet, ministre : Monsieur le président, pour clore cette discussion, je vais préciser quelques éléments. D’abord, les ALE ne sont pas là pour économiser, mais pour investir l’argent dont elles disposent dans des projets de mise à l’emploi et d’insertion sociale. C’est exactement l’objectif de la mesure fédérale que nous avons prise au travers du plan Win Win qui, je le rappelle, a quand même permis à plus de 50 000 jeunes non qualifiés de trouver ou retrouver un emploi.

Ensuite, il est évident que nous allons nous montrer très prudents dans la préparation des arrêtés, qui sont du reste quasiment prêts. Aucune ALE ne sera défavorisée ni mise en difficulté. Nous nous sommes engagés à prendre toutes les garanties à cet égard, et nous allons nous y consacrer. S’agissant de la mauvaise utilisation par les ALE de leurs subsides, elles ne les ont pas investis pour atteindre l’objectif auquel la réglementation les destinaient. C’est à partir de ces éléments que nous déboursons simplement, pour une fois, un certain montant aux fins d’assurer le paiement des mesures anti-crise.

Soyez assurés du fait que nous serons très prudents pour la prise des arrêtés. Ces derniers sont prêts et objectivés et ils ne mettent aucune ALE en danger, au contraire. Pour l’avenir, il faudra suivre ce qui a été exprimé tant par M. Bonte que Mme Genot, c’est-à-dire un meilleur contrôle, au-delà des réformes institutionnelles que nous allons sans doute mener, et surtout un meilleur lien avec les opérateurs régionaux.

[Chambre des représentants – Séance plénière du 16 juin 2011 - Extrait du compte rendu intégral (CRIV 53 – PLEN 040)]

 

 

Article: zoegenot.be

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 09:06

Une étude menée dans onze maisons médicales du réseau Médecine pour le Peuple tire la sonnette d'alarme affirmant que trois quarts des travailleurs belges sont déjà malades avant d'atteindre l'âge de la pension. Si ce chiffre doit être relativisé, parce qu'il n'est pas représentatif de toutes les couches sociales, il a le mérite de souligner qu'une part importante de la population active est malade.

Selon cette étude, trois quarts des Belges de 55 à 65 ans souffrent d'une ou plusieurs maladies chroniques. Près de la moitié des travailleurs plus âgés souffrent de maladies du système musculaire, osseux ou articulatoire. Un sur cinq connaît d’importants problèmes mentaux. Plus d’un quart a des maladies cardiaques, vasculaires ou des voies respiratoires. Et enfin, un pourcentage nettement plus élevé des femmes souffre de plusieurs maladies chroniques en même temps.
Ces résultats n'étonnent pas le directeur général du service des indemnités à l'Institut national d'assurance maladie-invalidité. François Perl le confirme, "une part importante de la population active est malade et elle l'est de plus en plus". Depuis 2004, environ 7000 à 8000 nouveau cas d'invalidité par an sont enregistrés. 
300 000 cas d'invalidité d'ici 2018 

Cette augmentation est "une tendance générale qui n'est pas propre à la Belgique", dit-il. C'est le cas dans tous les pays d'Europe. Et si pour l'instant la Belgique est encore "relativement bien lotie", cela pourrait ne pas durer. "Alors que dans la plupart des pays, cela stagne, en Belgique, l'augmentation est assez conséquente". Un "problème qui mérite que l'on s'en préoccupe pour éviter des situations à la hollandaise où pour une population quasi équivalente à la Belgique il y a près d'un million d'invalides alors qu'en Belgique on devrait atteindre 300 000 d'ici 2017-2018". 
En cause, le vieillissement de la population et les progrès de la médecine qui permettent de mieux diagnostiquer les patients. "Il y a encore une trentaine d'années on parlait très peu des maladies chroniques (...) maintenant on parle de maladies de santé (psychique et mentale comme le burn-out ou le stress, ndlr) et de maladies musculo-squelettique (liées à la colonne, aux nerfs). Des maladies qui explosent au niveau de la population". Autrement dit, "de plus en plus de personnes souffrent de maladie chronique" et peuvent donc être sujettes à l'invalidité, explique François Perl. Pour lui il ne faut pas forcément mettre les conditions de travail en cause car elles sont mieux qu'il y a un siècle. "Il n'y a pas plus de gens malades à cause du travail mais plus de gens qui osent l'avouer", dit-il.
Bernard Fussellier, sociologue du travail à l'UCL, a lui une autre explication. Il pointe du doigt la pression permanente et croissante que subissent les travailleurs : "Pression de la productivité au moindre coût, de la compétitivité. C'est un peu le leitmotiv de la compétitivité qui amène tout le monde à être compétitif tout au long de sa carrière dans tous les domaines professionnels à tous les échelons". 
"Repenser les durées des carrières"

La prépension n'est pas forcément la solution comme l'affirme le Parti du Travail de Belgique (PTB), que l'on retrouve derrière l'étude et pour qui  il vaut mieux achever sa carrière plus tôt et en bonne santé que plus tard avec une maladie chronique. Le Dr Jacques De Toeuf, ancien vice-président de l'Absym (association belge des syndicats médicaux) et actuel président de la plate-forme E-health et François Perl préfèrent miser sur la prévention. Pour éviter que le malade ne s'enfonce encore plus dans sa maladie. 
Le directeur général du service des indemnités à l'Inami préconise notamment un meilleur accompagnement des travailleurs (en lui donnant, par exemple, une possibilité de reclassement professionnel). L'occasion peut-être de "repenser les durées des carrières. Certaines sont peut-être trop longues ou trop pénibles alors que d'autres le sont moins". Et pourquoi pas donner la possibilité aux personnes âgées d'aménager leur temps travail ?
C. Biourge

Article: RTBF.be
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 08:34

Les trois quarts des travailleurs belges âgés entre 55 et 65 ans souffrent d’une ou de plusieurs maladies chroniques, selon une étude menée par Médecine pour le Peuple, une association de maisons médicales initiée par le PTB.

Près de la moitié des travailleurs souffrent de maladies du système musculaire, osseux ou articulatoire, indique le Dr Karel Van Bever, l’un des auteurs de l’étude. Un sur cinq présente d’importants problèmes mentaux. Un quart au moins des personnes souffrent de maladies cardio-vasculaires ou des voies respiratoires. Les femmes sont encore plus mal loties que les hommes.

 

 http://1.lavenircdn.net/Assets/Images_Upload/Actu24/2011/11/08/PID_$754692$_acfc19a4-09e8-11e1-9eae-3f0223d0b543_web.jpg.h170.jpg.280.jpg

 

Les trois quarts des travailleurs belges âgés entre 55 et 65 ans souffrent d’une ou de plusieurs maladies chroniques.

 

Reporters

 

 

« Supprimer le droit à la prépension ou le restreindre considérablement aurait d’importantes implications sociales négatives pour un large groupe de travailleurs, et pas seulement dans ce qu’on appelle les « métiers lourds », met en garde le Dr Dirk Van Duppen, spécialiste santé du PTB et président de Médecine pour le Peuple du PTB.

Les travailleurs plus âgés souffrent souvent de limitations physiques et/ou mentales qui les empêchent de suivre un rythme élevé au travail, de gérer leur stress et les contraintes liées à la flexibilité, relève encore l’étude.

Celle-ci a été menée auprès de 2.300 travailleurs belges âgés entre 55 et 65 ans. Les résultats de l’étude ne reposent pas sur un sondage portant sur la santé subjective mais des diagnostics établis par des médecins, consignés dans des dossiers médicaux, précise un communiqué du PTB.

 

Article:Lavenir.net

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 13:33

La ministre de l'Emploi s'adresse aux négociateurs fédéraux : « Il faut dégager des marges budgétaires, entre 500 millions et 800 millions d'euros, voire un milliard ».

Joëlle Milquet veut un pacte pour l'emploi et la relance

Dans un entretien au Soir, Joëlle Milquet adresse un message aux négociateurs fédéraux : elle réclame un « pacte pour l'emploi et la relance », et réclame des « marges budgétaires » pour cela. La présidente sortante du CDH, ministre de l'Emploi dans Leterme II, explique : « Je dis qu'au-delà de l'assainissement budgétaire et l'objectif des 2,8 % de déficit, le pays a besoin de relance. Le défi est là. Avec un point fort : l'emploi. Créer 56.000 emplois par an (…)Il faut donc boucler le budget 2012 au plus vite, dans la semaine, dix jours maximum, mais encore jeter les bases d'un grand pacte de relance et d'emploi pour la Belgique. » Comment le financer ?

« Nous devons aller au-delà des 11,3 milliards d'euros d'économies prévues pour le budget 2012 – pour atteindre les fameux 2,8 % de déficit public –, et réserver entre 500 et 800 millions d'euros supplémentaires, voire, mieux, un milliard. Une « marge » qui sera vouée au pacte de relance et d'emploi. Il faut deux choses : la rigueur budgétaire et l'oxygène en plus. »

 

DAVID COPPI

 

Article: lesoir.be

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 10:01

Le patronat et les libéraux flamands veulent que le futur gouvernement réduise les allocations de chômage. La moitié des Belges approuvent.

Le débat fait rage depuis deux semaines : la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) pointe du doigt des allocations de chômage qu’elle juge insuffisamment dégressives et le fait savoir aux partis politiques en pleine formation du gouvernement. C’est l’un des grands chevaux de bataille du patronat, avec la suppression des prépensions.

Pour les chômeurs de longue durée, « les allocations belges diminuent seulement de 10 % en moyenne, contre 40 % en Europe occidentale ». La FEB cite une récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« Les chômeurs sont plus nombreux à réintégrer le marché du travail lorsque les allocations de chômage sont fortement dégressives ou même limitées dans le temps. »

Le moment choisi par la FEB pour monter au créneau ne doit rien au hasard. D’une part, les questions délicates de l’emploi sont actuellement discutées par les négociateurs du futur gouvernement, et l’Open VLD a déjà plusieurs fois indiqué qu’il était sur la même ligne que les représentants des patrons.

D’autre part, selon une enquête commandée par l’opérateur de travail intérimaire Tempo-Team, un Belge sur deux estime que les allocations de chômage sont trop élevées et qu’elles devraient être limitées dans le temps (12 mois). Ce sondage a été mené auprès d’un échantillon de 1500 répondants. Il révèle notamment des disparités entre communautés linguistiques.

Globalement, les Flamands se montrent plus stricts que les francophones. Ainsi, les premiers sont 52 % à trouver les allocations de chômage trop élevées, contre 43 % pour les seconds. 36 % des néerlandophones se prononcent pour la suppression des prépensions, contre 25 % des francophones. Même clivage en ce qui concerne la scission de la sécurité sociale : 38 % contre 14 %.¦

Moins de demandeurs d’emploi début 2011

Le chômage en Wallonie est orienté à la baisse sur base annuelle. Au cours du premier trimestre 2011, on note une baisse de 3,1 points pour atteindre 8,9 % (contre 12,0 % un an plus tôt), soit le niveau le plus bas observé depuis le 2e trimestre 2002. Durant cette période, la moyenne belge était de 7,2 % et celle de l’Union européenne de 9,5 %. Mais si la tendance est encourageante, la prudence reste de mise, indique le Forem qui vient de publier ces chiffres.

Meilleure insertion pourles titulaires d’un bac

Source: L'Avenir Manuel DOLHET

Toujours selon les statistiques du Forem, sept chômeurs sortis de l’enseignement en 2010 sur dix ont trouvé du travail. Les formations qui conduisent le plus rapidement et les plus durablement à l’emploi : le baccalauréat (76 %), suivi de l’apprentissage et du master. En revanche, les jeunes qui n’ont achevé que les primaires ou les secondaires présentent des possibilités d’insertion très réduites.

 

  • Source: L'Avenir
  • Manuel DOLHET

 

Atricle: Lavenir.net

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:35
publiée dans Le Soir du 26 octobre 2011 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

par Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB Wallonne; Alain Clauwaert, Président, Paul Lootens, Secrétaire général de la Centrale générale; Jean-Marie Constant, Président du Comité Régional Wallon de la CSC; Erwin De Deyn, Président et Myriam Delmée, Vice-Présidente du SETCA; Arnaud Lismond, Président du Collectif solidarité contre l'exclusion; Pedro Rodriguez, Responsable Francophone des Travailleurs Sans Emploi de la CSC; Guy Tordeur Secrétaire fédéral et Philippe Vansnick, Secrétaire fédéral adjoint de la CSC Bruxelles; Véronique van der Plancke, Vice-Présidente de la Ligue des droits de l'Homme; Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général  de la Centrale Nationale des Employés; Philippe Van Muylder, Secrétaire général de la FGTB Bruxelles.

Alors que l'Etat fédéral se prépare une nouvelle fois à mettre à charge des contribuables les pertes liées aux spéculations des banquiers, nous n'accepterons pas que le nouveau gouvernement demande aux chômeurs de régler l'addition.

Cet été, la Ministre Fédérale de l'emploi pointait elle-même l'augmentation fulgurante des sanctions contre les chômeurs (suspensions, exclusions...) depuis l'adoption en 2004 du « plan de contrôle renforcé » et la systématisation de la transmission à l'ONEm des informations des offices de placement régionaux (de 34.000 à 108.000 sanctions annuelles en 10 ans).

Les responsables politiques connaissent donc très bien les effets socialement désastreux de ce que nous dénonçons depuis 2004 comme une véritable « chasse aux chômeurs » et dont les CPAS wallons pointent également les effets catastrophiques. Nous attendons donc du futur gouvernement fédéral qu'il y mette fin.

Exclure, appauvrir et scinder

Nous sommes choqués que les discussions liées à la formation d'un nouveau Gouvernement fédéral ne prévoient pas de stopper l'avalanche de contrôles et d'exclusions que subissent les sans emploi, mais bien de lancer une nouvelle chasse aux chômeurs qui les rejettera par dizaines de milliers dans la pauvreté et vers les CPAS.

Le contrôle et l'accompagnement renforcés des chômeurs ne créent pas un seul emploi, mais bien des avalanches de sanctions et d'exclusions. Car il n'y a pas aujourd'hui un manque de travailleurs, mais un manque d'emplois offerts. Il est cynique de forcer 100 chômeurs à multiplier des démarches de recherche d'avance inutiles s'il n'y a qu'un seul emploi disponible. Et pourtant c'est bien l'extension et le renforcement du contrôle qui sont actuellement discutés : pour les jeunes, avant même de percevoir une première allocation et même pour les plus de 50 ans !  Les chômeurs ont besoin d’être accompagnés, pas d’être harcelés. Il est inacceptable de sanctionner quelqu’un à qui on n’a pu proposer aucun emploi convenable.

L'appauvrissement des chômeurs est également en discussion : les allocations des chômeurs de longue durée (pourtant déjà inférieures au seuil de pauvreté) seraient diminuées au nom du retour à l'emploi. Cela signifie dans les faits démolir un pan de la sécurité sociale fédérale et renvoyer ultimement les sans emploi vers la solidarité organisée au niveau des CPAS ou des familles pour les uns, vers le dénuement pour les autres.

La « responsabilisation » des régions sur l'évolution de leur taux d'emploi risque également de les pousser à rejeter les sans emploi hors de leurs frontières (comme ce fut récemment le cas pour les demandeurs d'asile) et toute atteinte à l'unité fédérale des normes de l'assurance chômage et de leur contrôle ne manquera pas de générer à brève échéance la scission de l'indemnisation du chômage et dés lors de la formation des salaires. On le sait, dans le contexte d'évolutions démographiques différentiées  certaines forces nationalistes ne verraient pas cette scission d'un mauvais œil, tandis que le patronat y trouverait un nouvel instrument majeur pour mettre en concurrence les travailleurs des différentes régions et casser les protections sociales.

Refusons que l'on brade la sécurité sociale

A coup de réformes fiscales injustes, les richesses se sont accumulées dans quelques mains. Comme l'indiquait Le Soir ce 13 septembre, « La richesse globale (hors immobilier) des Belges a dépassé pour la première fois, fin 2010, le cap des 900 milliards d’euros [...] En deux ans, les actifs totaux détenus par des particuliers belges ont ainsi gonflé de plus de 100 milliards d’euros ». Pour soutenir l'emploi, l'Etat fédéral doit mobiliser ces richesses et non saigner les chômeurs.

Nous ne voulons pas d'une société à l'américaine, toujours plus inégalitaire, où l'indemnisation limitée dans le temps du chômage crée une horde de travailleurs pauvres. Ce modèle a échoué là-bas, nous refusons qu'on nous l'impose ici.

L'assurance chômage est un pilier essentiel de la sécurité sociale, dont nous avons hérité des luttes antérieures. Elle organise la solidarité entre les travailleurs, entre les régions et oblige les employeurs à offrir au moins une rémunération et des conditions de travail minimales. Nous refusons que l'on brade la sécurité sociale et la solidarité nationale en prétendant les sauver. Nous refusons que l'on fasse payer les chômeurs pour financer les banquiers.

Nous en appelons à un large débat public, à l'élaboration d'un projet d'avenir équilibré qui ne se fasse pas sur le dos des sans emploi et, au besoin, à la mobilisation sociale et citoyenne pour défendre l'assurance chômage, part essentielle de la sécurité sociale fédérale construite par les travailleurs de ce pays.

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 14:01

Environ 8.000 personnes, selon les organisations syndicales, se sont rassemblées à Seraing en solidarité avec les travailleurs d’ArcelorMittal. Tous les syndicats ont insisté sur l’importance de poursuivre le combat ensemble.

 

http://www.lesoir.be/zc/vignettes475x300/mediastore/_2011/octobre/hermes/ID2944140_26_arcelor_belga3_141515_01MW3V_2.JPG.jpg

 

Plusieurs centaines de manifestants ont rallié le site, en cortège depuis le Centre acier de Flémalle, l’usine Ferblatil de Tilleur et les hauts-fourneaux d’Ougrée. D’autres sont venus en cars depuis les quatre coins de la Belgique, mais aussi de France, d’Allemagne et du Luxembourg pour soutenir le combat des travailleurs.

« Le combat est le même pour tous », explique Frédéric Weber, représentant syndical CFDT d’ArcelorMittal-Florange (France). « Nous nous inquiétons tous pour l’avenir de nos emplois, nous sommes contre la stratégie de Mittal qui n’a pas de fondement ».

Vers 10h30, les représentants syndicaux ont pris la parole devant les milliers de manifestants. « Monsieur Mittal, 8.000 personnes sont présentes pour démontrer votre cruauté sociale », a entamé Pierre Lepine, président fédéral de la CSC Liège-Huy-Waremme. « Vous êtes responsable de ne pas avoir tenu vos promesses. Le respect est fondamental, mais il n’est pas coté en bourse, comme le sont vos valeurs. » Il a insisté sur l’importance de préserver la sidérurgie intégrée dans le bassin liégeois et sur la pertinence d’investir dans un centre de recherche sidérurgique performant. « La bataille pour l’emploi se gagnera par la concrétisation de ces projets et par la mobilisation de toutes les forces vives liégeoises et wallonnes », a précisé Pierre Lepine.

Pour Marc Goblet, président de la FGTB-Liège, « la sidérurgie est l’épine dorsale de la Belgique tout entière. Les impacts économiques de la fermeture de la phase à chaud de Liège seront l’affaire de tous. » Le responsable syndical interpelle le monde politique sur sa responsabilité à tout mettre en ouvre pour sauver la sidérurgie. « Nous devons nous mobiliser pour les travailleurs d’ArcelorMittal mais aussi, plus largement, par rapport au plan d’austérité », insiste-t-il.

« Non à la décision unilatérale de fermer la phase à chaud », ajoute Jordan Atanasov, secrétaire régional de la CSC Métal. « Lakshmi Mittal ne comprend que le langage du fric. Nous attendons de la Région wallonne qu’elle l’interpelle pour qu’il change sa position. » Francis Gomez, leader des métallos liégeois de la FGTB, compare quant à lui le PDG du groupe à un « poison public » qui ne « pense qu’au fric ». « Au 19e siècle, il aurait servi de modèle capitaliste à Karl Marx. À lui tout seul, il mérite une révolution. Arcelor et Mittal, c’est comme la peste et le choléra. Nous, on a les deux. » Et le syndicaliste de plaider pour la nationalisation de la sidérurgie. « Nous seuls sommes capables de faire tourner l’outil pour les travailleurs et pas pour le profit. Tout est possible quand on veut le changement. » Tous insistent sur l’importance de poursuivre le combat ensemble.

Des actions seront organisées dans les prochaines semaines sur les différents sites d’ArcelorMittal en Belgique et en Europe.

La manifestation s’est disloquée vers 11 heures.

(Belga)

 

Article: lesoir.be

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 09:40

Depuis plusieurs semaines, certaines voix s’élèvent pour réclamer un débat sur les allocations de chômage. Un récent sondage indique par ailleurs que pour un Belge sur deux, ces allocations sont trop élevées. Le système actuel inciterait, selon ce même sondage, à abuser de cette solidarité. Gauche et droite, syndicats et patronat s’opposent, évidemment, sur le sujet.

 

Pour regarder l'émission cliquez sur mise au point



Pour lire l'article écrit suite à l'émission par Corinne Barella cliquer ici

 

"Quand on compare notre système aux autres systèmes européens, il y a deux choses qui sont à signaler", indique Pieter Timmermans (directeur général de la FEB). "De un, nous avons un système illimité dans le temps. De deux, nous avons des allocations d’attente, ce qui est aussi unique au monde. (…) Quand on compare notre système de manière générale, on voit qu’il faut le moderniser. C’est d’ailleurs une des recommandations de l’Europe."

Ces affirmations font évidemment bondir les représentants syndicaux présents ce dimanche midi sur le plateau de Mise au Point.

Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB, estime que les affirmations et les chiffres de la FEB sont tout simplement faux. "La dégressivité existe dans ce pays", insiste-t-il. "Quand on commence à chômer, on a quelque chose de l’ordre de 1250 à 1300 euros. Après un an, lorsqu’on est isolé, on est déjà à 900 euros. Et lorsqu’on est cohabitant, on est déjà à 750 euros. De deux, je voudrais rappeler à monsieur Timmermans que le niveau des allocations de chômage en Belgique est tel que tous les chômeurs chefs de ménage et tous les chômeurs isolés, après un an de chômage, sont en-dessous du seuil de pauvreté."

D’après le sondage publié dans le courant de la semaine, quelque 78% des Belges estiment que les allocations de chômage devraient diminuer plus fortement lorsque le chômage se prolonge. "La dégressivité, elle existe, elle est importante", répète Marie-Hélène Ska, secrétaire nationale de la CSC. "Si on va au-delà de ce qu’on fait maintenant, on ne fait que transférer les charges du budget du chômage vers le budget des CPAS et vers les minima sociaux."

 

"Pas de pression sur les chômeurs? C'est faux"

 

Le sondage révèle aussi que de nombreux Belges condamnent la possibilité de devenir "chômeur à vie".

"Contrairement à ce qui est dit dans l’étude, une particularité de la Belgique, c’est que quand vous êtes en chômage depuis plus de six mois, vous êtes tenu d’accepter n’importe quel emploi qui vous est proposé", corrige Thierry Bodson. "Venir dire qu’il n’y a pas une pression sur les chômeurs, c’est absolument faux."

Le secrétaire FGTB précise encore qu’un accompagnement personnalisé des chômeurs est prévu au niveau régional. Et glisse que "si on compare les sanctions et exclusions qu’il y a en Belgique par rapport aux pays voisins, elles sont légèrement plus élevées que ce qui se passe en Allemagne, aux Pays-Bas ou en France. On n’est pas dans un pays où c’est le laxisme qui dirige et organise le chômage."

Présente sur le plateau ce dimanche midi, Corinne Barella, chômeuse depuis maintenant trois ans, témoigne de son quotidien difficile. Ses 185 dernières recherches d’emploi sous le bras, elle prouve, à ceux qui en douteraient, que "chômeur" ne rime pas forcément avec "profiteur". "Je n’ai fait que chercher activement du travail, dans tout et n’importe quoi", explique-t-elle. "À partir du moment où on ne trouve pas, on élargit sa recherche, même à l’extérieur de la Belgique. Et tout ça pour se retrouver face à des gens qui vous disent ensuite que vous coûtez trop cher à la société." Et de s’écrier un peu plus tard : "Ce n’est pas le paradis, au chômage, on ne vit pas sous les cocotiers."

 

Olivier Chastel: "Des chômeurs à vie qui n'ont jamais travaillé"

 

Du côté politique aussi, la question divise. Ainsi, lorsqu’on lui demande si en Wallonie, on peut aujourd’hui être chômeur à vie, Olivier Chastel (MR) n’hésite pas une seconde. "En tout cas, certains le sont. Et certains le sont sans même jamais avoir travaillé." "Aujourd’hui, dans notre pays, on ne récompense pas suffisamment ceux qui travaillent", poursuit l’élu carolo, qui indique toutefois ne pas être favorable à une limitation dans le temps, comme le propose l’Open-VLD.

"La manière dont on a commencé ce débat en stigmatisant les gens comme s’ils ne foutaient rien et gagnaient de l’or en barre, c’est n’importe quoi", réagit Yvan Mayeur, député fédéral et président du CPAS bruxellois. Et s’adressant à Olivier Chastel: "Toutes ces histoires de types qui sont à vie au chômage, t’en connais un toi ? Moi je n’en connais pas un. (…) Sur les trois dernières années, 900 personnes ont été exclues du chômage à Bruxelles et renvoyées vers le CPAS. Par rapport à la fable des gens qui restent à vie au chômage, voilà la réalité."

Ministre de l’Emploi wallon, André Antoine (cdH) ne se prononce pas réellement sur cette épineuse question, se contentant de rappeler les diminutions fréquentes du chômage depuis plusieurs mois et les nouvelles offres proposées aux chômeurs et mises en place dernièrement par le gouvernement.

 

Le cdH veut une "allocation d'insertion"

 

Le ministre démocrate-humaniste souhaite "primer l’effort". "Celui qui travaille et qui accepte peut-être une condition de travail inférieure à son diplôme doit être récompensé. Le chômeur, le demandeur d’emploi qui cherche du travail, qui se forme, on ne doit pas aller le harceler. Il faut le respecter", martèle André Antoine, qui indique que "l’allocation d’attente doit devenir une allocation d’insertion. La différence, c’est l’effort de formation."

"Quand on sort des études, on a neuf mois de stage d’attente, durant lesquels on commence déjà à chercher", rappelle Zoé Genot (Ecolo). "C’est au chômage minimum. On est à 880 euros pour un isolé et dans les 300 pour un cohabitant qui réside encore chez ses parents. C’est une petite allocation chômage mais c’est un coup de pouce pour dire à ces gens : "Vous êtes dans la société, maintenant au travail !". Quand on dit qu’il faut leur offrir des formations, leur offrir un accompagnement, c’est déjà le cas. Mais malheureusement, on a eu tendance à multiplier les petites formations. (…) Il ne faut plus éparpiller les moyens dans plein de petites formations qui ne servent à rien mais il faut faire des formations qui sont véritablement qualifiantes, quitte à faire des formations d’un an ou deux."

 

PIAB

 

Olivier Maroy et Thomas Gadisseux recevaient ce dimanche midi : Thierry Bodson, secrétaire général FGTB wallonne ; Marie-Hélène Ska, secrétaire nationale CSC ; Pieter Timmermans, directeur général FEB ; André Antoine, cdH, ministre wallon de l’Emploi ; Olivier Chastel, MR, ministre fédéral ; Zoé Genot, Ecolo, députée fédérale ; Yvan Mayeur, PS, député fédéral, président du CPAS de Bruxelles ; Corine Barella, chômeuse depuis trois ans.

 

Article: RTBF.be

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 08:57

Ne leur parlez pas de manifestation : les syndicats d'ArcelorMittal préfèrent utiliser les termes de « concentration solidaire ». Mais qu'importent les nuances de vocabulaire. « L'essentiel, c'est la mobilisation », répètent en chœur les délégués réunis en front commun.

ArcelorMittal : manif à Seraing ce mercredi

Ce mercredi, les travailleurs seront rassemblés à Seraing pour la première action de contestation suite à l'annonce, le 12 octobre dernier, de la fermeture de la phase à chaud à Liège.

Les prévisions les plus timides évoquent 5.000 participants. D'autres en annoncent près de 10.000. « Au départ, nous souhaitions organiser un événement relativement limité, précise Fabrice Jacquemart, porte-parole de la FGTB-Métal. Nous voulions y aller progressivement car les discussions dureront plusieurs mois. Mais nous avons été un peu dépassés par les nombreux soutiens reçus. »

Un préavis de grève de 24 heures a été déposé chez ArcelorMittal et certaines entreprises – liégeoises mais aussi nationales – ont annoncé leur intention d'envoyer des délégations gonfler les rangs des manifestants (Carsid, Carrefour, TEC, Techspace Aero, Sidmar…). À Seraing, le personnel communal a reçu l'autorisation de participer à l'événement et les commerçants locaux ont été invités à fermer leurs enseignes et à afficher un slogan sur leurs devantures : « Nous sommes tous les enfants de Cockerill ».

Trois cortèges partiront de Flémalle (centre administratif Centracier), Ougrée (hauts-fourneaux) et Tilleur (usine Ferblatil) pour rejoindre à 10 heures la place communale de Seraing. C'est devant la statue de John Cockerill que les représentants syndicaux prendront la parole.

« Ce rassemblement sera le premier d'une longue série, prédit David Camerini, président de la délégation CSC. Nous combattrons dignement et nous explorerons toutes les pistes de survie. Cela risque d'être long et pénible, mais nous irons jusqu'au bout », assure-t-il.

 

MELANIE GEELKENS

mercredi 26 octobre 2011, 08:08

 

Article: lesoir.be

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:16

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